La légende fait remonter les origines de la paroisse de Saint Martin de Pomeys (ancien nom du village) au passage en ces lieux du grand apôtre des campagnes françaises : Saint Martin.

D'un autre côté, l'abbé Devaux, ancien recteur des Facultés Catholiques de Lyon, rejoint l'avis de Nicolas Cochard en pensant que le nom de Pomeys tire son origine du latin Pommaria qui rappelle l'existence en ces lieux bien abrités de vergers plantés de pommiers. Cette hypothèse explique sans doute le symbole des armoiries du village : "le pommier enroulé du serpent, le pied entouré d'un croissant, de chaque côté de l'arbre, à mi-hauteur, une étoile".

NB :    Jusqu'en 1791, Pomeys ne fut qu'une annexe de la commune de Saint Symphorien sur      Coise composée de trois fiefs.

 

L'église Assomption de Notre Dame

L'église de Pomeys fut construite en 1860. Elle prit la place d'une église primitive devenue trop petite et qui aurait exigé de trop onéreuses réparations.

Cette église, mentionnée dès le Xème siècle, était dédiée à Saint Martin. Lieu de pèlerinage, elle accueillait les enfants qui rencontraient des difficultés pour marcher.

Elle était orientée d'ouest en est. Les anciens registres paroissiaux nous apprennent que sa porte d'entrée, sur la façade, n'était distante des murs d'un bâtiment d'école que de quelques dizaines de centimètres, à tel point qu'il était très mal aisée de faire entrer ou sortir les cercueils. Pour subvenir à cet inconvénient majeur, on avait dû faire percer une ouverture sur le flanc méridional du bâtiment.

L'église actuelle, également dédiée à Saint Martin, bénite le 16 octobre 1860, est un beau monument construit en pierres de taille joliment appareillées. Le clocher est surmontée d'une flèche gothique couverte d'ardoises.

L'autel fut donné par les garçons ; la table de communion par les filles ; le vitrail St Jean par les abbés Flachard et Pupier, le vitrail de St Etienne par les femmes, celui du Seigneur par

Mr le Curé ; les deux vitraux de St Martin et de la Sainte Vierge par la maison Dareste de Saconay ; le chemin de croix par Marie Relave, veuve Thélisson.

A l'intérieur, de belles colonnes monolithes, surmontées de larges chapiteaux à corbeille feuillagée, supportent la charge des voûtes aux arcs en forme de mitre.

L'ensemble est net et bien éclairé. Un spacieux choeur liturgique précède une profonde abside habillée de boiseries. En suivant les nefs latérales, on remarque le nombre important de statues restées sur leur piedestal. Au mur, un chemin de croix aux personnages stylisés, aux couleurs vives mais harmonieuses, à l'honneur d'être signé RIB, peintre contemporain que de nombreux liens familiaux unissent à Pomeys.

Ici ou là, on remarque la pose judicieuse de quelques vieilles pierres, vestiges de l'ancienne église. Les chapelles latérales, par exemple, ont le socle de leur autel orné de sculptures armoriées qui semblent être d'anciennes clefs de voûte.

L'une d'elle porte les armes de la famille des La Roüe, ancien seigneur de Saconay.

Le maître-autel a été installé au centre du choeur liturgique par les soins du curé Matray, aux environs de 1960. La table est supportée par un socle à parement de pierres de taille multicolores et au centre duquel, en façade, a été scellé un motif sculpté qui devait peut-être appartenir à un ancien rétable. A gauche, St Roch soulève le bas de sa tunique pour faire lécher ses plaies à son fidèle compagnon, le chien. A droite, une sainte femme difficilement identifiable, peut-être une Vierge Marie dont l'enfant Jésus porté sur l'avant-bras gauche aurait été brisé...

Derrière les fonts-baptismaux, a été fixée une sorte de fronton très ouvragé, en forme de gâlbe à accolade, qui devait surmonter on ne sait quel monument gothique. A gauche de l' accolade, sur le tympan constitué par celle-ci, deux écussons sculptés portent des reliefs qui paraissent être des lys. On retrouve,  parmi les figures, les armes de la famille La Roüe, ce qui semble prouver que les seigneurs de Saconay possédaient, dans l'ancienne église, une chapelle richement ornée.

L'église fut restaurée en 1960 à l'occasion de son centenaire.

 

La Neylière

Le nom de la Neylière est sans aucun doute issue de celui de la famille Néel, originaire de Pomeys et installée en ces lieux déjà au XVIème siècle.

Le 21 juin 1520, Clémence Neyelle (féminin de Néel en Patois), accusée d'avoir étouffé son enfant, est condamnée à être mise sur une charette, dépouillée et nue jusqu'à la ceinture pour être fustigée puis décapitée sur la place publique et sa tête plantée en un piquet, son corps pendu aux fourches patibulaires. Cette pauvre Clémence était originaire de Pomeys et peut-être de la Néelière.

En 1765, on trouve l'orthographe la Neillière.

En 1577, les prêtres sociétaires de l'église St Symphorien louent à A.Néel la terre de la Néelière.

Ainsi baptisé, le domaine passe à une famille Bruyère et, par voie d'héritage aux Sauzion. Antoine Sauzion a de l'argent, il bâtit. Mais il n'a pas le temps de jouir de ses travaux. Sa veuve, Marguerite Scarron, "la grosse Sauzion" lointaine parente du poête bossu, se retire à la Neylière où elle meurt en 1659, à l'âge de 82 ans. Dix ans plus tard, les Sauzion sont anoblis ; ils abandonnent la robe qui les avait enrichis pour l'épée qui les honore.

Mais le nom s'éteint. Antoine, fils du précédent, n'a qu'une fille unique de sa femme Claudine de Gabiano, de la soierie italiano-lyonnaise. Marie-Elizabeth Sauzion épouse le 9 mars 1686 Marc de Malyvert. Trois générations Malyvert vont se succéder à la Neylière jusqu'à la Révolution.

La Neylière, au XVIIIème siècle était un long rectangle flanqué à chaque extrémité de la façade nord, d'une tour couronnée d'un toit plat de tuiles romaines. Jean-Baptiste de Malyvert élève deux ailes saillantes au sud et coiffe la tour nord-est d'une toiture à lanterne. Enfin, pour donner plus belle apparence à l'édifice, il fait plaçer un fronton triangulaire où est logée une horloge, ornements que la Neylière conserve encore.

Après quoi, le comte marie sa fille Victorine à un franc-comtois, le marquis de Champagne. Leur unique héritière apporte à son tour la Neylière au Vicomte du Parc de Locmaria qu'elle a connu et épousé dans le Jura. Les agrandissements de la maison vont se révéler utiles. Dix-sept enfants naissent de cette union. Parmi eux, Victorine, devenue Soeur Rumoldine, fondera les Rédemptoristines de Grenoble. La future fondatrice ne se doutait pas qu'elle préparait l'atmosphère de la maison à la venue du Père Colin.

En 1834, le Vicomte du Parc émigre en Autriche. La Neylière est abandonnée, passe aux mains d'un marchand de biens qui morcelle le domaine avant de revendre les bâtiments, le parc et quelques terres à Jeanne de Murard, Comtesse de Baume. Mais sur le point de convoler avec le Baron de Choin, Madame de la Baume se déssaisit à son tour de la Neylière qu'elle cède, par contrat du 17 août 1850, à Messieurs Claude Dussurgey, Claude Raccurt, Antoine Philippon, Antoine Grosselin, Jean-Claude Colin, acquéreurs solidaires pour la somme de 40.000 francs.

L'arrivée des Pères Maristes interrompt le destin tranquille de la gentilhommière.

Durant deux années, la Neylière est un chantier. On commence par bannir tout ce qui peut rappeler la vie de château. Les parquets de chêne font place à des planches de sapin, les plafonds à la française, trop coûteux à démolir, sont dissimulés, sous un revêtement. Le parc devient un clos, on abat les arbres au fur et à mesure des besoins.

En 1854, le Père Colin démissionne de sa charge de Supérieur Général et annonce son intention de se retirer afin de revoir et de compléter les Constitutions de la Société. Sans même attendre l'élection de son successeur, il vient à la Neylière et ne la quitte plus.

Le Père Colin s'éteint le 15 novembre 1875 et pieusement enseveli dans le clos. Quatre ans plus tard, son corps est déposé dans la chapelle actuelle.

Après la mort du Père Colin, la maison reçoit deux destinations : retraite des Pères âgés et Ecole Apostolique. L'école s'est ouverte en 1878 et subsiste jusqu'en 1898. Puis, des oeuvres diverses viennent s'y abriter : retraites, colonies de vacances...

Le Musée de l'Océanie

En 1836, un Pape missionnaire se préoccupe d'évangéliser les îles lointaines du Pacifique. Ce sont, en partie, les Maristes qui leur porteront la lumière de l'évangile.

Le Musée de l'Océanie reflète un choix de "curiosités" rapportées par diverses maisons maristes de France, qui ont été rassemblées à la Neylière.

Outre leur valeur artistique propre, ces objets ont quelque chose à nous dire de la lente évolution humaine et religieuse d'une civilisation qui, en quelques décades, est passée de l'âge de pierre à l'ère atomique.

NB : Le Musée est composé de différentes salles :

            Salle 1 : Rencontre avec un autre monde.

            Salle 2 : La culture océanienne.

            Salle 3 : Comment allait-on en Océanie ?

            Salle 4 : L'Evangélisation.


Le Musée J-C Colin

A la sortie du Musée de l'Océanie, au bas de l'escalier, se situe le Musée J.C. Colin.

On a recueilli et présenté là de nombreux souvenirs et documents qui permettent de suivre J.C. Colin, pas à pas, au cours de son existence et de découvrir les différents aspects de sa personnalité.

 

La Chapelle de la Pentecôte

Sortant du Musée Colin , au bas de l'escalier, se trouve la Chapelle de la Pentecôte.

A sa mort, en 1875, J.C. Colin est enseveli dans le clos de la Neylière. Quatre ans plus tard, son corps est déposé dans la grande chapelle actuelle construite spécialement pour abriter son tombeau et garder le souvenir priant du Fondateur. Un oratoire, en effet, avait été aménagé en bas à gauche de la grande chapelle.

A cette époque, le noviciat quitte la Neylière où il était installer depuis une cinquantaine d'années. La maison change de destination : elle reçoit de plus en plus de groupes pour de retraites ou des cessions ; on songe aussi à une communauté religieuse active.

On sent alors le besoin d'un lieu de culte plus accueillant et d'avantage à échelle humaine que la grande nef néo-gothique du siècle dernier.

 

Le Château de Saconay

Le château de Saconay tel qu'on le voit aujourd'hui, se présente sous l'aspect de trois corps principaux de bâtiments disposés en fer à cheval et flanqués aux extrémités de quatre grosses tours rondes orientées suivant les quatre points cardinaux. La façade principale fait face au sud-est.

Son architecture générale fut bien différente à l'origine. On peut toutefois se faire une idée des bâtiments primitifs d'après les parties d'époques médiévales parvenues jusqu'à nous.

NB :    Quelque historiens prétendent qu'il y eût un premier château à l'emplacement du Bois de             l'Etang. Cette opinion semble confirmée par le fait qu'on y voit, encore aujourd'hui,    certains vestiges dont la présence semble difficile à expliquer autrement.

L'histoire du château actuel se divise en deux parties bien distinctes :

            - Celle de la maison forte de la Carrodière, sur laquelle on a peu de documents. Cet appellation lui venait probablement d'une fabrique de carreaux de terre cuite se trouvant dans le voisinage.

            Celle du château féodal de Saconay.

La construction de la maison forte de la Carrodière remonterai au XIVème siècle. Il reste de cette époque les quatre tours, les deux petits corps de bâtiment encadrant la poterne (face à l'arrivée), ainsi qu'une partie de la façade principale jouxtant la tour médiévale et dans laquelle on voit encore :

            - La chaîne d'angle d'une construction qui devait être une tour carrée si l'on juge par la vieille charpente de sa toiture avec une grosse poutre en chêne cintrée.

            - Une petite fenêtre à meneau, étroite, pour faciliter la défense.

            - A l'intérieur, une partie des murs primitifs conservés lors de la transformation du château au XVIème siècle et dont certains ont près de 1.50 m d'épaisseur.

On conserva aussi à cette époque deux plafonds  à gros chevrons espacés. Tous les autres, en très mauvais état, (le château avait été laissé à l'abandon pendant plus d'un siècle), furent refaits à neuf, à partir de 1709, avec des petits chevrons rapprochés, à la manière appelée "à la française".

La défense de la maison forte de la Carrodière était assurée :

            - Par d'épais murs d'enceinte dont il subsiste encore quelques vestiges.

            - Par des meurtrières pratiquées dans les tours, dans l'angle formé par leur jonction avec les corps de bâtiment adjacents, en général trois de chaque côté. La plupart existent encore. Certaines, par suite des transformations successives, débouchent aujourd'hui à l'intérieur des bâtiments. Pour d'autres, seul le cadre intérieur de l'ouverture est visible dans les greniers.

La maison forte de la Carrodière était, en 1550, la propriété de Messire Jehan de Lemps, seigneur du Mouchet, gouverneur de la ville de Suzze, au pays et duché de Bourgogne. Aucun document ne nous indique depuis quelle époque ce fief appartenait à cette famille.

Par acte passé devant notaire royale, le 20 mai 1558, seigneur du Mouchet, vend une partie de la propriété à Messire Gabriel de Saconay, Chanoine de l'église de Lyon ; et l'autre partie à Messire Aymé de Saconay, son frère, chevalier, lieutenant des gardes du Roi et à Mademoiselle Anne de Séveret, sa femme.

La maison forte de la Carrodière ne comportait alors que la partie centrale entourée de douves aujourd'ui comblées. Devant la façade principale, une terrasse sur voûtes remplace les fossés.

Les frères songèrent tous deux à transformer la maison forte de la Carrodière en un château seigneurial et acquirent, le 17 avril 1564, outre deux domaines à Chavannes et un grand bois sur la paroisse d'Aveize, des droits de justice haute, moyenne et basse sur les paroisses de Pomeys, Duerne, Aveize, La Chapelle sur Coise et La Chèvre.

Afin de transformer la Carrodière en château de plaisance, Gabriel et Aymé de Saconay entreprirent d'importantes modifications au XVIème siècle.

Ils firent prolonger jusqu'à la tour orientale le petit bâtiment carré. Ils ménagèrent de grandes ouvertures dans toute l'étendue de la façade, telles que nous les voyons aujourd'hui, à part une fenêtre du premier étage (ouverte vers 1890 lors de la division d'une grande pièce, celle à un seul vantail qui date du XVIIIème siècle) et la porte vitrée du salon qui fut une fenêtre jusqu'à la même époque.

Les deux chambres du premier étage des tours de l'est et du sud, ainsi que le rez de chaussée de cette dernière, furent éclairées chacune par trois fenêtres dont on voit encore l'emplacement. On en conserva qu'une seule par pièce lors des importantes réparations effectuées deux siècles plus tard.

Dans la cour intérieure, ils firent doubler le mur de la façade jusqu'au premier étage pour former un vestibule au rez-de-chaussée et une galerie découverte à l'étage. La toiture était soutenue par huit colonnes en marbre blanc et deux pilastres de pierre grise placés à chaque extrémité, le tout reposant sur une coudière de pierre moulurée qui a été conservée. Le mur intérieur de cette galerie fut décoré de fresques en grisaille que l'on devine encore sous les fresques exécutées au XVIIIème siècle.

Après les Saconay, ce furent les Sarron qui devinrent propriétaires du château par le mariage de Pierre de Sarron avec Jeanne de Saconay, le 11 octobre 1592.

Ils conservèrent cette seigneurie pendant quatre générations jusqu'au 13 juillet 1695, date à laquelle Jacques Hugues de Sarron vendit la propriété à Pierre de La Roüe.

Pierre de La Roüe revendit Saconay au bout de sept ans, le 13 octobre 1702, à Pierre Gayot de La Rejasse. Ce dernier obtint la réouverture au culte de la chapelle du château.

Pierre Gayot revendit Saconay au bout de cinq ans (1707) à Claude Guillet de St Symphorien Le Chastel. Celui-ci fit d'importantes réparations dans le château et transporta, en 1709, au premier étage, la chapelle qui se trouvait au rez-de-chaussée, juste en dessous.

Saconay passa, en 1710, par mariage aux Dareste qui imprimèrent à leur tour la marque de leur passage dans l'architecture de la demeure.

La façade nord-est subit des modifications : on construisit un mur doublant le premier et formant ainsi, à chaque niveau, une petite pièce. Et c'est ainsi que les deux archères de la tour débouchèrent à l'intérieur des pièces.

Dans la cour intérieure, on s'aperçut que la galerie ouverte ne convenait pas sous notre climat. On suréleva le mur jusqu'à la toiture et la décoration des fresques fut refaite par Camille Dareste de Saconay. Exécutées sous Louis XVI, probablement par des artistes italiens, elles ont remplacé les anciennes fresques du XVIème siècle.

Cinq représentent des trophées, en grisaille ; trois, des niches renfermant chacune un vase couvert, en couleurs, et neuf, aussi en couleurs, des scènes de genre ou des monuments antiques, dans un décor de paysage et vus au soleil couchant. L'une d'elles, très détériorée, représente le château de Saconay, les collines de La Chapelle/Coise...

Le plafond de cette galerie était, lui aussi, orné de compartiments peints en trompe-l'oeil et simulant des boiseries. Etant en très mauvais état, son enduit fut refait en plâtre vers le milieu du siècle dernier. Il en reste heureusement un cliché qui permettra de le reconstituer un jour si on le désire.

Suite au décès, le 4 septembre 1821, du fils unique de Jean Baptiste Marie Dareste de Saconay, Marguerite Victoire Dareste de Saconay adopta un neveu et lui laissa les domaines qu'elle possédait à Saconay.

A partir de ce moment, il s'écoula une période malheureuse pour le vieux château. Il fut transformé en ateliers de toutes sortes.

Aussi, lorsqu'en 1885, Mr Henri Jehan Dareste de Saconay en devint propriétaire, il le fit restaurer.

NB :    Les travaux furent arrêtés par la guerre de 1914.

De cette époque datent :

            - L'escalier à deux volées qui remplaça l'escalier à vis dont on voit encore la trace.

            - Le grand bâtiment carré de la façade nord-est qui remplaça une construction défensive pourvue de sept meurtrières cruciformes d'environ 1 m de hauteur.

            - Le réaménagement de la tour septentrionale. On plaça de nouvelles ouvertures donnant sur la cour. Son rez-de-chaussée servit de nouvelle prison après la désaffectation de la première qui était encore située en 1708 dans la tour orientale avec son cachot en-dessous : on y voit encore l'étroite lucarne qui y dispensait un peu de lumière. Au premier étage, on trouve toujours le fruitier et son échelle pivotante et au dernier étage, il y a toujours le colombier garni de ses boulins (niches pour les couples de pigeons) et son échelle pivotante.

            - Les constructions vétustes servant de basse-cour furent démolies. Il ne reste que le beau puits à coquille en pierre surmonté d'une croix fleur de lysée en fer forgée avec les initiales de l'artiste et la date (1756). A leur place furent construits l'actuelle orangerie, la grande tourelle abritant un escalier à vis en pierre desservant les bâtiments contigus et des écuries au fond de la cour qui furent incendiées en 1889.

NB :    Le donjon imposant aurait été construit sous cette forme de style gothique en 1892 par             l'architecte Bresson.

La façade sud-ouest fut, elle aussi, modifiée. Il y avait entre les deux tours trois bâtiments étagés, suivant en cela la pente du terrain. A la fin du siècle dernier, on remplaça celui du centre qui donnait accès à la cour par une grande ouverture rectangulaire avec niche au-dessus, par l'actuelle poterne. On profita de ces travaux pour abaisser le sol de la cour qui arrivait à hauteur des appuis des fenêtres du rez-de-chaussée après avoir été surélevé, (pour accéder à l'intérieur du château, il fallait descendre un escalier de quatre ou cinq marches), ainsi que celui situé entre les tours méridionales et occidentales, ce qui obligea à construire un glacis au pied de cette dernière afin de renforcer ses fondations. On avait aussi élargi auparavant la terrasse sud-est en triplant sa largeur qui n'avait à l'origine que 2.50 m. Lors de la construction de cette poterne en 1891 et 1892, on retrouva la moitié de l'ancien portail "à arcade sousbaissée", comme le décrit le document de 1708. Etant entièrement ruiné, il fut refait au début du XVIIIème siècle.

Le même document fait aussi mention d'un balcon auquel on accédait par un escalier intérieur. Il devait s'agir d'un moucharaby, petit ouvrage défensif en saillie servant à lancer des projectiles, semblables à celui que l'on voyait encore à la fin du siècle dernier à la maison forte de la Chavanne, à la Chapelle sur Coise. Les reste du premier portail ont été laissés dans les murs et se trouvent à peu près en ligne droite de la grande meurtrière cruciforme. L'entrée du château primitif se trouvait entre l'escalier actuel et la poterne. A sa gauche était le "fournier" (four à pain).

La porte d'entrée actuelle du vestibule (sur la cour) a été changée de place avec une fenêtre (celle située à sa droite) rompant ainsi la symétrie des ouvertures du XVIème siècle après la suppression d'une autre porte sur la gauche.

Le château et le parc furent embellis au cours des siècles. La "sommaire aprise" de 1708 nous indique que la porte d'entrée du vestibule était "faite en ornements avec un jour barré au-dessus de fer". Les deux cariatides en pierre du XVIème siècle représentant Flore et Bacchus, placées dans le passage sous la poterne ainsi que la pierre sculptée, ornée d'un rang de perles, qui se trouve sous la naissance de l'escalier, en sont peut-être les derniers vestiges.

Le chien enchaîné en pierre (XVIème siècle) placé sur la murette près de la tour méridionale, se trouvait autrefois, avec un autre, sur les piédroits d'un portail contigu à cette tour.

Ce second exemplaire, en très mauvais état, a été cassé et ses débris placés dans le mur de clôture, près de la grande grille du château, où on le voit encore.

Cette belle grille, en fer forgé, avec ses piédroits en pierre moulurée, date de l'époque de Louis XV. On l'avait encadrée, pendant quelques années, de deux lions en pierre calcaire provenant du château de la Ferrandière, situé à Lyon dans le quartier de Villeurbanne.

Mais ces deux lions étant devenus une cible pour les gamins qui les mutilaient à coups de pierres, on les déposa et les mit en sûreté sur la murette de la terrasse devant la façade principale, où ils se trouvent toujours. Ces lions étaient accompagnés chacun d'un lionceau enchaîné.

On distingue encore très nettement, malgré les injures du temps, les pattes antérieures des lionceaux et les maillons des chaînes.

Le chemin public qui longe le parc passait jadis tout près du château et aboutissait directement près de l'étang. On en distingue encore l'emplacement ; on en traça un nouveau depuis le milieu de l'avenue de tilleuls jusqu'à la grille du parc en 1875-1876 et jusqu'à l'étang en 1877, avec l'autorisation de la Préfecture.

Dans la murette qui clôt la propriété du côté de Chavanne, on trouve une ouverture encadrée de pierres façonnées qu'on appelle la "Pierre du Vin".

On ne connait pas l'origine de cette appellation, mais nous pouvons penser qu'elle n'est pas sans rapport avec la dîme seigneuriale, redevance en nature comportant probablement une partie en vin que l'on produisait aussi dans la région, comme semble en faire foi une ancienne photographie sur laquelle figurent quelques ceps de la vigne du château.

Par acte en date du 10 février 1944, suite au mariage de Marguerite de Limoges Dareste de Saconay avec le Baron Gaston de Brosse, Saconay passa à la famille de Brosse.

L'actuel propriétaire, Bruno de Brosse, s'efforce de restaurer le château et d'y introduire le confort. L'eau courante fut mise en 1981, un appartement fut installé en 1982 à gauche de la poterne et le parc voit chaque année de nouveaux aménagements.

A ce jour, le château reste très homogène et relativement bien conservé.

 

Le Château de Pluvy

Le mot Pluvy se prononce en Patois "Pluvier" et signifie petit échassier dont le cri est paraît-il un présage de pluie. La famille qui prit ce nom était installée sur cette partie du territoire dès le XIIIème siècle.

Partiellement visitable, ce château, fortifié au XVIème siècle et transformé au XIXème siècle, n'était qu'une simple gentilhommière composée de deux corps de logis flanqués d'une petite tour ronde.

Au XIIème et au XIIIème siècle, il n'y avait sans doute là qu'une grange, propriété de la famille noble des Pluvier. On trouve, citée dans un acte de 1216, la Grange de Pleuvy située en la paroisse de Pomeys et donnée en fief à Bernard de Chambon.

C'est au cours du XIIIème siècle que cette grange fut transformée en résidence par ses propriétaires. C'était, semble-t-il, une gentilhommière sans fonction stratégique, une maison de campagne doublée d'une exploitation agricole. Pluvy devint ensuite propriété de la famille Court, originaire de Pomeys et installée à St Symphorien.

En 1760, noble Julien Court de Pluvy, mariait sa fille à Claude Alexis de Noblet.

A cette époque, Pluvy appartenait au territoire de St Symphorien. Ce n'est qu'en 1945, à la suite d'un accord conclu entre les deux communes limitrophes et approuvé par l'autorité préfectorale, qu'il fut intégré au cadastre de Pomeys, en échange du quartier de la Vieille Guilletière qui demandait à devenir pelaud.

La maison de Pluvy passa ensuite à une autre branche de la famille Noblet de la Clayte par suite du mariage de la petite fille d'Etienne, Angélique de Noblet, avec un cousin de Saône et Loire. Ce furent ces nouveaux maîtres qui décidèrent, quelques années avant la fin du siècle dernier, d'araser totalement l'ancestrale demeure trop vétuste et de reconstruire, à sa place, un véritable petit château, suivant un style architectural mis au goût du jour par les nombreuses restaurations de Violet le Duc.