On fait dériver le nom de
Meys du latin Mansus signifiant territoire, enclos, jardin, verger.
Plus récemment on a émis
l'hypothèse de l'établissement d'une colonie sarmate dans le pays ségusiave et
attribué à Meys une étymologie slave. Meys correspondrait à Matitza, petite
mère, métaphore désignant la source de la Brévenne.
Mais l'étymologie la plus
souvent admise est celle qui fait dériver Meys de Matisius, nom propre gaulois
dérivé de l'adjectif matis (bon) dont un autre dérivé se trouve dans Matisco,
Mâcon. Le nom de Meys est, en effet, cité dans le cartulaire de Savigny sous le
nom de Madisius villa, in valle Bevronica.
Une famille portant le nom
de Mays a joué un certain rôle, au Moyen-Age, en Lyonnais et en Forez. En 1209,
Villelme de Mays, chavalier, se porte témoin et caution, avec Odo de Vernoille,
de la promesse faite par Renaud de Forez, archevêque de Lyon, et par son Chapître,
de ne pas empêcher le sire Beaujeu de faire hommage au comte de Forez de la
terre de Chamelet.
D'autres chartes datées de
1217 et 1220 citent également le nom de ce Willelme de Mays.
En juin 1239, Girard et
Guillaume de Mays, concèdent au chapitre de Saint Just de Lyon tous les droits
qu'ils avaient sur la dîme des fruits de la paroisse de Mays sous la réserve du
dixième charnage (ce terme désignait un droit prélevé sur les troupeaux qui
paissaient ou passaient sur les terres du seigneur).
Les archives du Rhône
possèdent l'original des actes dressés par les parties contractantes. L'un est
sous le sceau de l'official de Lyon, l'autre sous celui de Guillaume de Meys.
Au parchemin de ce dernier reste encore appendu un fragment de cire verte sur
lequel on peut voir un écu chargé d'un chevron. De la légende, on ne voit plus
que les lettres LLMA.
A la même date, juin 1239,
Girard et Guillaume de Mays, frères et chevaliers, firent don à l'Elise de
Saint Just de Lyon d'une maison sise à Saint Galmier, près de Fontfort.
Le même Girard, qualifié
damoiseau, rend hommage au comte de Forez, en 1281, pour subventions, cens,
tailles et autres usages au Château de Chaignon.
Au XIIIème siècle, la
seigneurie de Meys n'appartient plus à la famille de ce nom. En effet, une
charte du mois d'août 1278 contient, sous le sceau d'Aymar de Roussillon,
archevêque de Lyon, un traité passé entre Guigues Payen, damoiseau, seigneur de
Mays et le chapelain ou curé de cette paroisse.
Les Payen s'étaient
établis dans le Forez au XIIème siècle. Un membre de cette famille, Hugues de
Payen ou Payan, fut le premier grand maître de l'ordre des Templiers qu'il
avait fondé en 1118, avec huit autres chevaliers, dans le voisinage du temple
Salomon, en Palestine.
En 1322, Paulette de
Clermont, dame de Mays, donna le château à sa fille Béatrix qui l'apporta en
dot à jacques de Jarez.
Le domaine passa, au
commencement du XIVème siècle, avec l'immensse succession de la famille de
Jarez, dans celle d'Urgel, par le mariage de Matalone de Jarez avec Josserand
d'Urgel, seigneur de Saint Priest (en Forez).
Briand d'Urgel en disposa,
par son testament du 12 août 1377, en faveur de Guyot de Saint Priest, son fils
aîné.
Celui-ci donna à
Philiberte de Mellon, son épouse, le Château de Mays pour son douaire, par
testament du 20 fevrier 1415.
La seigneurie passa
ensuite dans les mains de ses fils et petits-fils. Enfin, elle appartient, en
1789, au marquis de Pons.
Jusqu'à la Révolution,
Meys fit partie de la province de Forez. Cette localité était village et
paroisse de l'archiprêtré de Courzieu, de l'élection de Montbrison. Elle
dépendait, pour la plus grande partie, de son château et, pour le reste, du
Château de la Menue. Elle était du ressort de la sénéchaussée de Saint Etienne,
exercée à Montbrison. L'archevêque de Lyon nommait à la cure.
Le bourg était fortifié au
Moyen Age par une murailles flanquées de tours rondes. Certains vestiges de ces
défenses sont encore visibles, intégrés à des constructions ultérieures.
Une chapelle dédiée à
Saint Roch, fondée pendant les grandes épidémies de peste au Moyen Age, avait
été pourvue d'une prébende à la nomination du seigneur mais cet oratoire fut
détruit sous la Révolution.
Des gisements de houille
dans la vallée de la Brévenne, notamment à Meys, furent découverts et des puits
creusés mais l'exploitation sembla peu fructueuse puisqu'ils furent abandonnés.
Il ne reste aucun vestige de ce passé minier.
C'est aussi à Meys que
sont nés le grand-père et le père de Félix Faure, célèbre homme politique
français, élu Président de la République Française le 27 juin 1894. On peut
encore voir, au hameau des Roches, à la sortie du village, la maison familiale.
On raconte que le
grand-père du Président était un modeste menuisier. Seul dans le village à
porter le costume des villes, il était surnommé le Père La Quette (allusion à
la queue de sa perruque).
Le menuisier eut quatre
filles et un garçon, Antoine, le père du Président de la République.
Vers l'âge de 20 ans,
Antoine faure partit "faire son tour de France" et ne revint que
rarement au pays natal. Son fils, Félix, vint à Meys une fois, en 1871. Il y
séjourna quatre ou cinq jours chez une cousine.
Une des tantes du
Président, Mme Auguste Giraud, était très connue et aimée à Meys. En 1888, elle
fut marraine de la plus belle cloche de l'église.
Le
Puits de la Motte
Second point d'eau du
village situé sur la RD 71, ce puits a toujours la particularité d'être le
secours des célibataires.
En effet, la légende veut
que les garçons cherchant à épouser une fille dans l'année aillent
"riquer" (heurter du front) la margelle de ce puits.
L'église
Saint Pierre
L'église actuelle a été
construite en 1779. Elle remplace une église qui datait du Moyen Age et qui fut
détruite à la Révolution dont seul le clocher subsiste...
Le clocher est une vieille
tour aux pierres brunes rongées par le temps, coiffée d'un toit plat, surmonté
d'un campanile minuscule. Peut-être sont-ce là les vestiges d'un vieux manoir
féodal.
En dessous du clocher, se
trouve "la chapelle du vieux choeur" qui correspond à l'emplacement
du choeur de l'ancienne église.
Celle-ci se trouvait donc
perpendiculaire à l'église actuelle, la porte de sortie donnant sur la place
Mangini. Elle n'avait qu'une nef.
La plus ancienne des
cloches, datée de 1622, a dû appartenir à cette ancienne église.
C'est sans doute parce que
cette église était devenue trop étroite pour la population que l'on construisit
l'église actuelle. Ce fut l'oeuvre de Monsieur l'abbé André Marie Matagrin qui
"prit possession" de la paroisse de Meys le 28 octobre 1768.
L'église est solidement
bâtie malgré le fait que la pierre employée soit d'une qualité inférieure à
celle utilisée pour l'ancienne église (la mise à nu des pierres de l'ancien
choeur le confirme).
Les
restaurations
L'abbé Louis Gouttard,
nommé curé de Meys en 1887, resta douze ans dans la paroisse et mit à profit
ses relations pour trouver les ressources nécéssaires tant pour la restauration
de l'église que pour la construction de la nouvelle cure.
Monsieur Lucien Mangini,
gros entrepreneur de l'époque, ami de la famille Gouttard, fut le principal
argentier et le grand bienfaiteur de la paroisse.
A la fin de l'année 1887,
le curé Gouttard fait installer, dans le choeur, des boiseries achetées à la
paroisse de Chasselay.
Suivèrent ensuite la
réfection des peintures de l'église, l'achat des vitraux, la construction de la
sacristie qui se trouve derrière le choeur, la pose des tuiles noires de la toiture,
la décoration en ciment de la façade de l'église, l'installation d'une
quatrième cloche et la construction d'une nouvelle cure.
A son départ, en 1899, le
curé Gouttard laissait à son successeur une église en parfait état et une cure
qui fait encore l'admiration de tous.
En 1930, Monsieur l'abbé
Jean Marie Solle entreprend la restauration du clocher qui menaçait de
s'écrouler.
Curé de la paroisse de
1948 à 1968, l'abbé Francis Folzonne, avec le concours de tous ces paroissiens,
réalise une grande restauration intérieure de l'église.
Déjà aménagée chaque année
(chauffage en 1956, bancs en 1958, électrification des cloches...), l'intérieur
de l'église est transformé par le programme de restauration réalisé en trois
tranches (1963-1965), donnant une église simple.
Avec de modestes moyens,
le plan d'ensemble de l'architecte Michel Saint Pierre, guidé par le père
Falzonne, met en valeur ce qui devait l'être, répond aux exigences de la
lithurgie actuelle contribuant à donner le goût du beau dans la simplicité
évangélique.
Les générations suivantes,
devant l'évidence des besoins, ont réaménagé la charpente, les couvertures avec
de nouvelles tuiles, le parvis, les façades, les pierres, le jointement d'une
rosace, les cheneaux, l'habillage du clocheton, les finitions, un cop en haut
du clocher (1991-1992)...
Tous ces travaux ont été
menés par des artisans régionaux. Ce gros oeuvre achevé, la remise en état de
l'intérieur pouvait s'envisager : électricité, peintures, chaudière,
tambours...
NB : Tous les biens du clergé, église comprise,
ont été vendus, comme biens nationaux, lors de
la Révolution.
Les
cloches
La première cloche, la
plus petite et la plus ancienne, porte seulement la date de 1622, un monogramme
du Christ (JHS) qui signifie "Jésus, Sauveur des Hommes" et une
invocation (Sancte Petre ora pro nobis) signifiant "Saint Pierre, priez
pour nous".
La deuxième cloche porte
la date de 1847 et l'inscription suivante : Laudate Dominum in Cymbalis
benesonentibus ("Louez le Seigneur avec les cymbales éclatantes").
Jean Antoine Palmier, bienfaiteur. Parrain : Jean Antoine Faure. Marraine :
Antoinette Palmier. Curé : Antoine Marie Moulin. Maire : Jean Mure. Trésorier :
Jean Baptiste Protière.
La troisième cloche, qui
pèse 1 000 kg, porte la date de 1888 et les inscriptions suivantes : Donateurs
: Marie Madeleine Faure, veuve Gayet, marraine ; Claudine Faure ; Antoine
Gayet, Jean Antoine Coquard, parrain ; Joseph Coquard ; Marie Joséphine
Coquard. Curé : Jen Louis Gouttard. Maire : Pierre Marie Véricel. Président de
la Fabrique : Jean Claude Protière.
La quatrième cloche, la
plus grosse (1 050 kg), porte également la date de 1888 et l'inscription
suivante : Parrain : Catherin Jean Baptiste Sorlin, curé de Saint Martin en
Coailleux ; marraine : Jeanne Marie Faure, veuve d'Auguste Giraud ; curé : Jean
Louis Gouttard ; maire : Pierre Marie Véricel ; Président de la Fabrique : Jean
Claude Protière.
Les deuxième, troisième et
quatrième cloches ont été coulées par Mr Burdin, fondeur à Lyon.
Les
boiseries
Les boiseries du choeur
furent achetées en 1887 à la paroisse de Chasselay qui, depuis 1842, les tenait
de la chapelle de l'ancien Château de Bellescize à Chasselay.
Aucun document ne relate
leur installation dans la chapelle. On sait seulement que ce château et sa
chapelle dataient du XVIIème siècle et peut-être même du XVIème siècle...
Ces boiseries ont une
grande valeur. Elles sont d'un bon effet par le travail qui les décore et
surtout par la sage disposition qui en a été faite.
Lors de la vente, il y eut,
parait-il, de fortes discussions pour laisser partir ces boiseries.
Peu après, le curé de la
paroisse de Chassealy a été obligé de démissionner ; ses paroissiens ne lui
pardonnant pas cette vente.
La
Madone de la Garde et sa Chapelle
Autrefois sur "le
Haut", une statue de la Vierge veillait sur la paroisse de Meys. Pendant
la seconde guerre mondiale, la paroisse de Meys fit le voeu d'y construire une
chapelle.
Cette chapelle, dédiée à
la Vierge de Lourdes, fut édifiée en gage de reconnaissance à Marie pour avoir
préservé la commune de l'invasion ennemie et pour avoir permis à tous les
prisonniers de retrouver leur foyer.
La construction commença
le 4 novembre 1940 et se termina en mars 1943. La chapelle fut bénite et
inaugurée le 12 septembre 1943 par le Cardinal Gerlier.
Le 15 août 1950, le Père
Falzone lançait une souscription pour embellir et restaurer cette chapelle car,
à l'époque de sa construction, divers matériaux manquaient et son aspect
extérieur l'a faisait plutôt ressembler à un garage.
Deux petits clochers
furent ajoutés. Une porte fut supprimée et deux piliers construits sur la
façade puis crépis. En 1951, on plaça les deux petites cloches et on changea le
verre blanc des fenêtres par des verres de couleurs. C'est à cette époque que
furent plantés les acacias...
En 1952, les peintures
extérieures et intérieures furent faites. Le 15 août 1952, Monsieur le chanoine
Dupuy bénit les deux petites cloches ainsi que le chemin de croix.
En 1978, une subvention de
la Fête de la Batteuse permit la réfection totale de la toiture.
En 1982, le père Faveyrial
lance l'idée de constituer un comité pour la chapelle qui veillerait à son
entretien et chercherait des moyens financiers pour les réparations.
En 1995, l'extérieur de la
chapelle est restauré.
NB : Il y aurait eu, autrefois, deux chapelles sur
la commune de Meys : Saint Roch, sans doute
édifiée lors des grandes pestes du Moyen-Age et qui aurait été détruite sous la
Révolution ; et Saint Georges,
située dans l'ancien cimetière (selon un parchemin conservé aux archives départementales du Rhône, Messire
Claude Combe, vicaire de Duerne, aurait
pris possession, le 6 mars 1779, de la prébende de Saint Georges de Meys).
Le
lavoir Mézet
A Mézet, sept sources se
rejoignent pour alimenter un puits, un abreuvoir pour les animaux et le domaine
des lavandières.
Ce lavoir, qui servait à
rincer le linge de toute la maisonnée apporté par les lavandières à l'aide de
brouettes ou de chariots, a connu une grande fréquentation jusqu'au début des
années 60.