L'appellation actuelle du
village vient du latin "grex, gregis" signifiant troupeau et du
suffixe celte "ieu" désignant un lieu (lieu du troupeau).
"Le Marché"
donne lieu à plusieurs interprétations. La plus sérieuse voudrait que ce soit
là une déformation de "La Marche" ; Grézieu devenant, après le traité
de 1173 qui suivit la bataille d'Yzeron, la démarcation aux marches du Lyonnais
entre les domaines des seigneurs comtes du Forez et des archevêques comtes du
Lyonnais.
D'un autre côté, le nom de
"Marché", ajouté à celui de Grézieu, prouve que le village fut, dès
l'Antiquité, un lieu d'échange et de commerce. Ceci s'explique par sa position
sur les limites du Forez et du Lyonnais, en bordure d'une route fréquentée,
position qui la désignait naturellement pour servir aux transactions
commerciales entre les deux provinces.
Selon une tradition,
Grézieu le Marché aurait été ravagé par une peste terrible à laquelle
n'auraient survécu que quelques personnes. A la suite de cet évènement, le
marché aurait été transporté à Saint Symphorien sur Coise.
En 945, Raingond, sa femme
et son fils Ablon, Arthaud et Berne donnent au monastère de Savigny les
villages de Grézieu le Marché et Souzy ainsi que tout ce qu'ils possèdent de
puis la Loire jusqu'à la Saône.
En avril 974, Robert et sa
soeur Adèle donnent à Dieu, pour le repos de leurs âmes et de celles de leurs
parents, afin qu'en retour, il leur pardonne leurs péchés et leur fasse
miséricorde, l'église édifiée en l'honneur de Saint Pierre, avec la paroisse et
le presbytère dans le village d'Aveize, situé en pays lyonnais, dans la terre
de Grézieu le Marché.
En juin 1087, Ernengarde
Bona donne au même monastère (Savigny), pour la sépulture de son corps et la
rédemption de son âme et de celle de ses parents, l'église en l'honneur de St
Véran situé dans le village de Grézieu le Marché, ainsi que la moitié du
village et la moitié du marché.
NB : Il y avait donc un marché à Grézieu le Marché
avant le XIème siècle.
En 1173, Grézieu le Marché
est compris parmi les terres et les fiefs dont le haut domaine est cédé par
Guy, Comte de Forez, à Guichard, archevêque de Lyon, et à son Eglise.
Cette terre reste
longtemps le patrimoine d'une des branches de la famille de Saint Symphorien
qui en doit hommage au Chapître de Lyon.
En 1363, Pierre Mitte,
seigneur de Chevrières, bailli du Forez, en fit l'acquisition. La famille Mitte
est alors l'une des plus anciennes et des plus puissantes de la région.
le 14 janvier 1394, Noble
Mitte, seigneur de Monts de Chevrières et de Grézieu le Marché, rend hommage à
l'archevêque de Lyon pour la grande tour de Grézieu.
En 1465, les Mitte
viennent habiter le château de Grézieu le Marché, à la suite du saccage du
château et du village de Chevrières par les soldats de Jean II, duc de Bourbon.
Le 18 mars 1454, Louis
Mitte de Chevrières fait hommage de sa terre de Grézieu le Marché au Chapître
de Lyon (hommage renouvelé par Jean Mitte de Miolane, le 14 février 1539).
En 1496, Jean III Mitte
reçoit, au château de Grézieu le Marché le roi Charles VIII et sa cour.
Vers le milieu du XVIIIème
siècle, la seigneurie est achetée par Jean Gagnères, lieutenant général des Armées
du roi Louis XIV. Marié à Anne Duchol, de Longes, il fait ériger sa terre en
baronnie (lettre du 3 novembre 1650), puis en comté (décembre 1656) sous le
titre de Grézieu Souvigny.
A sa mort en 1673, il est
inhumé dans l'église paroissiale. Son fils y reçoit aussi la sépulture, le 3
mai 1736.
Par suite d'alliances, la
succession est recueillie par la famille Lamoignon de Baville, puis par la
famille Devernay.
Avant la Révolution,
Grézieu Souvigny était bourg, paroisse et château dans le Lyonnais, de
l'archiprêtré de Courzieu, de l'élection et de la sénéchaussée de Lyon.
La justice dépendait des
fiefs du Villet (vassal de la commanderie de Chazelles sur Lyon) et du Fourchet
(qui dépendait du monastère des chanoinesses de l'Argentière).
Les limites de la paroisse
étaient alors les mêmes que celles d'aujourd'hui.
En 1874, la route reliant
Marcenod à Haute-Rivoire passe par Grézieu le Marché.
En 1873, on construit le
bâtiment actuel des religieuses.
En 1885, la commune
abandonne "le Sentier des Soeurs" pour construire la route existante.
Elle cède ce passage à condition que les soeurs y construisent des classes, ce
qui fut réalisé à l'époque.
En 1892, construction de
la Mairie.
En 1908 et en 1912, on
construit successivement l'Ecole Publique et l'Ecole Publique des Filles.
NB : Le gros Tilleul situé
sur la place de l'église évoque "le Temps de Sully".
L'église
L'ancienne église Saint Barthélemy
Pour un édifice de cette
importance, cette église a eu une existence très brève. En effet, construite en
1824 et 1825, tout près de l'emplacement de l'ancienne chapelle ogivale du
château, c'est à dire perpendiculairement à l'église actuelle, elle a été
démolie dès 1886 pour permettre l'achèvement de la nouvelle construction.
En fait, cette église
faisait l'objet de nombreuses critiques.
On lui reprochait son
orientation nord-sud, mais aussi sa façade établie sur un passage et non pas
sur la place, erreur d'esthétique et manque de commodité.
On trouvait également que
le choeur n'était ni élégant, ni gracieux : On l'aurait préféré en rond point.
Enfin, le clocher conservé
de l'ancienne chapelle, isolé de l'église, ôtait au monument tout son
caractère.
Bref, les Grézollaires ne
trouvaient, semble-t-il, qu'un seul avantage à leur église : ses trois nefs
étaient de dimensions suffisamment importantes pour contenir tous les
paroissiens.
En revanche, en 1880,
l'église devint trop petite pour accueillir la population croissante.
Cette église est donc
démolie en 1886. Le clocher, quand à lui, demeura jusqu'en 1913, date à
laquelle il fut détruit, ainsi que les murs du cimetière.
L' église actuelle
C'est à Monsieur l'Abbé
Séon, curé de la paroisse à l'époque, que revient l'idée de la construction
d'une nouvelle église. Venant de la paroisse Saint François, à Lyon, Monsieur
le curé Séon constate, dès son arrivée, en avril 1880, que l'église aurait
besoin de réparations fort coûteuses et que ses 290 m² de surface ne permettent
plus d'accueillir toute la population de la paroisse.
Ayant suscité dès son
arrivée, la sympathie confiante et totale de ses paroissiens, Monsieur le curé
Séon n'a aucun mal à les convaincre de l'urgente nécessité de construire un
édifice plus vaste et plus beau, plus digne de la paroisse.
Très vite, Monsieur le
Curé expose son projet à un architecte lyonnais, Monsieur Sainte Marie Perrin,
ancien élève de l'illustre Bossan (Basilique de Fourvière). A l'issue de ce
premier entretien, l'architecte prépare un plan, tandis que Monsieur le Curé
demande à ses paroissiens de souscrire généreusement pour la construction de
leur nouvelle église.
En effet, il n'est pas
question de demander des subventions quelconques, l'église ne pourra être
construite que si elle est financée par les habitants de la paroisse. L'oeuvre
de souscription commence donc dès l'automne 1880.
Le Préfet autorise, en
juillet 1881, la construction de la nouvelle église mais elle ne peut se faire
qu'en deux temps car la nouvelle église empiète sur l'ancienne de plusieurs
mètres : Les offices religieux devant se dérouler même pendant le s travaux, il
n'est donc pas question de démolir l'ancienne église avant que la nouvelle ne
soit ouverte au culte.
Avant de débuter les
travaux, Monsieur le Curé, organise une procession au cours de laquelle il
bénit l'emplacement de la future église.
En fait, les travaux
tardent à commencer car l'entrepreneur doit étudier avec plus de soin les
problèmes de nivellement : Le jardin de la cure, où doit se construire le
chevet, étant un peu en contrebas, il faut faire, à cet endroit, une crypte,
une cave voûtée qui ramènera le choeur de l'église à son niveau.
C'est seulement à
l'automne 1881 que les premiers coups de pioche sont donnés et que la première
pierre est officieusement bénite par Monsieur le curé Chataigner.
NB : La bénédiction officielle eut lieu le 11
avril 1882.
A ce moment là, les fondations et la crypte sont
terminées, tous les murs sortent de terre et
les bases des collonnes et des piliers commencent à être posées.
La pierre qui a l'honneur d'être bénie ce jour là est
celle qui sert de base au premier pilier du choeur, le plus près de la
chaire.
Dans un creux pratiqué dans le milieu de la pierre, on a
placé le procès verbal de la cérémonie.
Les travaux se poursuivent
malgré diverses interruptions et l'arrivée d'un nouvel entrepreneur.
Le 27 avril 1886, la
première tranche des travaux est achevée. Un galandage provisoire, en briques,
est construit au niveau des premiers piliers intérieurs et l'église est ouverte
au culte.
L'ancienne église est
alors démolie, à l'exception du clocher, et le porche vient compléter la
nouvelle église.
L'église est complètement
terminée le 27 août 1887 et est consacrée le 18 mai 1889 par le cardinal
Foulon, archevêque de Lyon.
Depuis cette date, on a
installé l'électricité, puis des grillages de protection aux fenêtres, un autel
et on a ôté la table de communion.
En 1999, l'intérieur de
l'église est entièrement rénové.
L'église
L'église est construite en
granit rouge provenant de carrières locales et en pierre noire de Volvic.
Elles est de style
romano-byzantin, très en vogue à l'époque, avec des réminiscences d'art arabe
et assyrien, sans que l'ensemble ne cesse de donner une impression de puissante
unité.
Le porche monumental qui
précède l'édifice est d'un effet saisissant, avec ses deux grandes colonnes et
ses taureaux ailés assyriens.
Sous le porche, au-dessus
de la grande porte d'entrée, une peinture représente le bon pasteur au milieu
de ses douze apôtres figurés par douze brebis, avec l'inscription "Je vous
envoie comme des brebis au milieu des loups".
A l'intérieur, les autels,
les sculptures et les motifs d'ornement débordent de ce symbolisme un peu
touffu qui resplendit dans la Basilique de Fourvière et forme la
caractéristique du style de Bossan et de ses disciples.
La nef principal repose
sur douze colonnes qui rappellent symboliquement les douze apôtres du Christ.
Chacune de ses colonnes monolithes porte une croix de consécration et est
surmontée d'un chapiteau au décor végétal qui s'allie harmonieusement aux
fleurs des voûtes.
Située sur le côté droit
de la nef, ce qui est inhabituel, la chaire est surmontée d'une colombe
rappelant la présence de l'Esprit Saint. L'absence de crucifix face à cette
chaire est également inhabituel.
Dans les basses nefs, les
quatorze stations du chemin de croix, en tableaux moulurés, sont inscrites dans
un listel qui donne aux fidèles l'impression d'accompagner la marche du Christ.
Dans l'élévation du mur,
les vitraux, exécutés et mis en place par la Maison Gégule de Lyon,
représentent seize Saints classés par ordre chronologique : à gauche se
trouvent les hommes, à droite, les femmes.
En se rendant au
sanctuaire par les basses nefs, on passe devant les confessionnaux en bois
sculpté pour arriver jusqu'aux tables de communions. En fer forgé, elles datent
du XVIIème siècle et proviennent sans doute de l'ancienne chapelle du château.
Elles sont classées Monument Historiques.
L'autel latéral de gauche,
dédié au Sacré-Coeur de Jésus, montre, outre le Christ, Sainte Marguerite-Marie
Alacoque et le Père Séon, curé de la paroisse qui présente l'église de Grézieu
le Marché.
L'autel latéral de droite
est dédié à la Vierge Marie représentée en train de porter l'enfant Jésus.
Marie est entourée de Saint Dominique avec son chapelet et de Sainte Catherine
de Sienne recevant l'anneau mystique.
Sous la coupole du choeur,
les stalles provenant de l'église Saint François de Lyon encadrent l'autel en
bois crée à l'occasion de la restauration de 1999. D'un style épuré, cet autel
est placé sur le chemin de la mosaïque conduisant au maître-autel.
Ce dernier, entouré de
Saint Barthélémy, patron de la paroisse et de Saint Isidore, patron des
agriculteurs, est en marbre blanc et richement orné. Il porte une inscription
en latin signifiant "Tu as été occis, tu nous a rachetés pour Dieu par ton
sang".
Au-dessu du maître-autel,
se trouve un vitrail représentant la crucifixion alors que dans la plupart des
églises c'est l'ascension du Christ que l'on peut voir à cet endroit.
Cette église est un des
plus beaux spécimens de l'architecture religieuse de la région.
Les cloches
L'église possède un
carillon complet de huit cloches depuis 1887, alors que l'ancienne église n'en
possédait que trois. A l'époque, les cinq cloches nouvelles ont coûté 4 000
francs.
Le système de sonnerie a
été électrifié dans les années 50.
Les vitraux
Exécutés et mis en place
par la maison Gégule de Lyon, les 16 vitraux des nefs et tous les autres ont
coûtés 6 600 francs.
Une protection grillagée a
dû être ajoutée dans les années 30.
Les portes latérales et le portail d'entrée
Le portail en chêne a été
exécuté par Mr Venet, menuisier du village. On peut lire son initial (V)
sculptée en haut de chacun des deux vantaux.
Le portail et les portes
latérales ont été remis en état en 1986.
Les fonds baptismaux
Provenant de l'ancienne
église, les fonds baptismaux datent de 1845, sauf la porte en bois qui a été
sculptée en 1890.
En 1843, Claude Benoît
Crozier lègue, par testament, la somme de 500 francs pour l'établissement de
fonds baptismaux dans l'église.
En janvier 1845, le
Conseil Municipal complète le leg de Mr Crozier pour l'érection d'un fond
baptismal en marbre dont la porte en bois a été sculptée par Mr Reynaud,
paroissien, en 1890.
Une vitrine abrite une
exposition d'anciens ornements et objets du culte.
NB : Au fond de l'église, on peut également admirer
les anciennes tables de communion en marbre, un bénitier classé Monument
Historique datant de 1663 et une plaque commémorant la mission de 1849.
Les mosaïques du choeur
Ce très joli travail a été
effectué par la maison Mora de Lyon.
La Croix du Gaboudin
Cette croix située au
centre du village date de 1830.
La Croix de la Place
Cette croix date de 1660.
L'ancien bourg et le château
Il n'en reste que peu de
traces aujourd'hui (portes, enceintes)...
Au début du XIXème siècle,
le château attenant à l'église offrait encore plusieurs tours ruinées. On lui
connait plusieurs époques de constructions.
Parmi les faits
importants, nous savons qu'il a accueillit Charles VIII en 1496.
De nombreux seigneurs s'y
succédèrent...
La Madone
Elle a été construite
juste après la deuxième guerre mondiale, à la suite d'un voeu fait par les
prisonniers.
Une messe y est célébrée
tous les ans pour le 15 août.
Le lavoir-abreuvoir et le Barrage de la
Gimond
En 1883, une colonne d'eau
de source de la Gimond est construite afin d'alimenter en eau Chazelles sur
Lyon.
Le 16 octobre 1904, une
commission d'étude pour l'établissement d'un lavoir-abreuvoir sur la commune de
Grézieu le Marché est nommée. Le choix de l'emplacement est adopté le 10
novembre 1907 et les plans des devsi approuvés le 2 décembre 1909.
A la suite d'un accord
difficile entre les deux communes (Chazelles sur Lyon et Grézieu le Marché) à
propos de la construction du barrage de la Gimond, la commune de Chazelles sur
Lyon s'engage à payer la construction de ce lavoir alimenté par la colonne à
niveau constant servant alors à l'approvisionnement en eau de Chazelles sur
Lyon et garantissant un débit minimum de 10 m3/jour.
L'examen des régistres des
délibérations du Conseil Municipal montrent que les relations entre les deux
communes ont été plus que difficiles à cette époque, et jusqu'à la construction
du barrage, qui remonte à 1932.
La municipalité décide la
cloture et la couverture du lavoir le 10 septembre 1922.
Le Barrage de la Gimond
est réhaussé après la seconde guerre mondiale.
La superficie actuelle du
barrage est de 4 ha 71.