ll semblerait que Duerne
tire son nom de sa situation au carrefour de deux axes de communication.
On rattache également le
nom de Duerne au mot "diurne". D'ailleurs, certains habitants
prétendent, à juste titre, que dès que le soleil se lève, derrière les Alpes,
Duerne se trouve dans une trouée de lumière alors que Saint Martin en Haut,
d'un côté, et Montromand, de l'autre, sont encore dans l'ombre.
Le nom de Duerne
rappellerait cet ensoleillement particulier...
Dans les temps anciens,
Duerne aurait eu une histoire assez riche. Les nombreux sites mégalithiques le
prouvent (pierre du sacrifice au Moulin du Pêcher, Roche de Samson, Crêt des
Fayes, Crêt des Courtines...).
L'occupation romaine
laissa, elle aussi, de nombreux vestiges plus ou moins bien conservés tel que
l'aqueduc de la Brévenne au pied des Courtines.
Le nom de Duerne apparaît
pour la première fois sur un ancien titre en 970 : on y parle de l'église Saint
Jean Baptiste, probablement fondée par les bénédictins d'un couvent dédié à
Saint Benoît, fondé en 970 à Montclas près de Mornant.
Duerne, placé sur une voie
de communication, fut mêlé à tous les évènements militaires qui agitèrent la
région.
Vers 1770, l'ouverture
d'un relais de poste bouleverse la vie monotone du village.
Sous la Révolution, en
1791, les habitants de Duerne défendirent vaillement leurs idées. Ils
refusèrent de recevoir le nouveau curé constitutionnel qu'ils déléguèrent même
en tête de liste pour les armées révolutionnaires et ce par vote public. Le
curé Ballyat quitta le pays en cachette pour ne pas être enrôlé d'office.
Auparavant, il dut subir
de nombreuses vexations : A son approche, on criait "Au loup !" ; des
ordures furent déposées devant sa porte ; on jeta des pierres dans sa direction
; on subtilisa les vases sacrés de l'église pour les déposer dans la nouvelle
chapelle...
On a retrouvé dans une
ferme de Duerne, une cache, sous l'écurie, dans laquelle les abbés
contre-révolutionnaires célébraient leur culte.
Pendant toute cette
période, le trafic des diligences souffrit de nombreuses attaques et il fallut
attendre le Consulat pour retrouver sécurité et tranquillité.
NB : C'est à Duerne qu'est né, en 1843, le célèbre
Philippe Thomas qui fut le premier à découvrir
les gisements de phosphates de Tunisie en 1885. Au bas du village, une plaque rappelle son souvenir.
L'aqueduc romain de la Brévenne
La longueur de l'aqueduc
sur la commune de Duerne est d'environ 1550 m.
6 sites ont été repérés
,mais seulement 5 sont visibles.
L'aqueduc romain, qui
vient d'Aveize (vallon d'Orjolle) contourne le Crêt des Fayes.
Ce parcours se déroule
pour l'essentiel sur Saint Genis l'Argentière et Montromant. Mais il touche une
première fois Duerne, brièvement, à Orjolle, aux confins d'Aveize et de Saint
Genis l'Argentière, en contrebas de la D489. Et une deuxième fois, plus longuement,
tout au nord, dans le secteur qui s'enfonce en un coin vers Montromand entre
deux ruisseaux qui descendent du Chervolin et du Pagnon.
Sur le premier secteur, le
canal arrive d'Aveize.
Il se trouve sur la rive
gauche de l'Orjolle, à une vingtaine de mètres du ruisseau.
Il s'avance d'une
cinquantaine de mètres puis traverse l'Orjolle, repart vers l'aval et passe
alors sur la commune de Saint Genis l'Argentière.
On ne sait ni où,
précisément, ni comment le ruisseau était traversé, ni non plus s'il y avait
prise d'eau au passage...
Sur le deuxième secteur,
au lieu-dit "La Goutte Charvolin", l'aqueduc se dirige à l'est sur
une cinquantaine de mètres, puis, sur un large replat. Enfin, son parcours
s'infléchit vers le sud.
L'ouvrage se manifeste
alors, sur une quarantaine de mètres, par quatre effondrements laissant voir
les claveaux de la voûte, jusqu'à vallon profond d'une dizaine de mètres, qui
était probablement franchi par un ponceau.
Au lieu-dit "Goutte
Montromand", l'aqueduc, gardant son niveau, décrit, entre deux vallons,
une large courbe dans le Bois de la Cure. On va le suivre, d'effondrements en
coupures, sur près de 300 m.
Un large chemin
d'exploitation forestière, tracé il y a quelques années, s'arrête à proximité
du vallon précité.
A une trentaine de mètres
du chemin, distance comptée à l'horizontale en suivant le tracé de l'aqueduc,
on rencontre un creux provoqué par un effondrement, puis, 12 m plus loin, la
voûte cassée donnant accès au canal intact sur 17 m.
Après deux autres
coupures, à 10 m et à 13 m, le canal est à nouveau pénétrable, sur près de 50
m, en deux tronçons sensiblement de même longueur.
Ensuite, la voûte se
montre à huit reprises, sur 80 m.
L'ouvrage disparait alors
sur 50 m, jusqu'à un regard bien conservé, caché aujourd'hui sous les genêts et
les ronces qui ont envahi une coupe de bois.
Continuant en courbe de
niveau, l'aqueduc amorce un virage à droite. La voûte, trouée, apparait encore
à 30 m du regard, puis 20 m plus loin.
Vient alors une étroite
plate-forme, longue de 50 m, en ressaut de 3 m, sur le canal dont on voit le
piédroit de droite avec son enduit de tuileau sur une douzaine de mètres.
On atteint, 20 m plus
loin, le chemin qui descend au moulin de "La Grande Goutte", et on le
traverse.
Rien n'apparait ensuite
sur 400 m. Puis, on voit l'aqueduc coupé en huit points, sur 150 m, le long
d'un chemin de desserte abandonné, qui débouche peu après sur le chemin qui
monte de Montromand à Duerne par le moulin de "La Grand Goutte" et
"La Forêt".
On peut pénétrer dans le
canal et le parcourir sur une vingtaine de mètres de part et d'autre. Il est en
excellent état, avec son enduit intact ; la voûte en blocage garde l'empreinte
nette des trois couchis des cintres. La hauteur sous clé est, à cet endroit,
relativement faible.
A La Biterna, l'aqueduc
fait un court détour au sud pour la traversée du ruisseau La Forêt, puis part
en direction du nord, nord-est, dans un bois, jusqu'au ruisseau du Pagnon d'où
il passe sur la commune de Montromand.
Les Thoues des Sarrasins
L'aqueduc de la Brévenne
est plus connu dans la région sous le nom de "Thoues (trous) des
Sarrasins" (déformation ultérieure du mot Césarins, après le passage des
dits Sarrasins).
Sur le versant sud de la
Brévenne, cet aqueduc amenait l'eau des montagnes lyonnaises à Lugdunum (Lyon).
La résistance des
matériaux employés a permis sa conservation à travers les siècles.
La Madone
Cette Madone a été
construite en 1937 pour protéger les cultures de la grêle sur le Crêt des
Etoiles.
Une bouteille contenant le
nom de tous les Duernois serait cachée dans son socle...
La Roche de Samson
Il existe deux légendes
concernant cette pierre : L'une dit que ce bloc de pierre aurait été lancé du
Mont Pilat par Samson et l'autre affirme que cet énorme rocher barrait le
chemin et que seul Samson put la déplacer.
Néanmoins, on distingue
encore à la surface du rocher ce qui pourrait être l'empreinte de ses doigts...
La Poste aux chevaux
Vers 1770, un grand évènement
vint boulverser la vie monotone du village de Duerne...
L'intendant de la
Généralité du Lyonnais décida de faire ouvrir la grande route qui rejoindrait
Lyon à Bordeaux à travers le Massif Central.
La première étape, de Lyon
à Feurs, passait à Alaï, Yzeron, Duerne, Les Halles et Saint Martin Lestra.
Une fois la route établie,
il fallut installer dans chaque ville un relais de poste à chevaux frais.
Duerne en fut un : les
diligences et convois s'y arrêtaient pour changer de chevaux. Les passagers en
profitaient pour se restaurer ou même dormir.
Au carrefour des deux
routes, se trouvait "La Benne", endroit où venaient s'abreuver les
chevaux du relais de poste situé à l'entrée du village en venant de Lyon.
Vers 1850, avec
l'apparition du chemin de fer, la poste aux chevaux disparut peu à peu.
L'église Saint Jean
L'église actuelle fut
construite en 1830 pour succéder à une église qui datait du Moyen Age :
l’église Saint Jean Baptiste ou Saint Jean l'Evangéliste.
Avant la Révolution,
l'église et la commune dépendaient de trois justices : celle de la seigneurie
de Rochefort, celle de la seigneurie d'Yzeron et celle du Château de Saconay.
Pendant la Révolution,
l'église fut le bastion des prêtres réfractaires. Le curé de Duerne aurait même
"remis dans le droit chemin" la maîtresse du Petit Monsieur, le chef
des chauffeurs du Lyonnais, célèbres bandits.
Le Monument aux Américains
Elevé face à la colline,
sur la D60, il rappellent le souvenir d'un drame qui a eu lieu dans la nuit du
14 au 15 août 1944 : Un avion américain, après avoir largué des armes et des
munitions destinées au maquis, s'écrasa contre la colline. Parmi l'équipage, 7
aviateurs périrent. Un seul homme survécut...
Le Puits Saint Jean
Ce puits situé à
l'intersection, sur la route en direction de Feurs, date de l'époque
napoléonienne.
La Roche Gardière
Cet amas de roches
naturelles, dont certaines ont pu être arrangées, se situe après Duerne, sur la
D489 en direction d'Yzeron, sur la droite, au hameau Plat Paris, en direction
de La Pochardière et de la Jayoudière.
Il s'agit d'un ancien lieu
de culte magique, druidique et énergétique.
La plus grosse des pierres
est pourvue d'un grand bassin très peu profond.
Les Crêts
Le Crêt des Fayes (887 m)
Au Crêt des fayes ou des
Fées, dénomination appartenant à la théologie païenne, à 1 km au nord-ouest de
Duerne, seraient enfouis les vestiges d'un temple druidique où serait caché un
veau d'or.
Il n'est pas surprenant
d'entendre raconter, qu'ici, il suffit de soulever les mottes d'herbe pour voir
briller des bijoux et des pièces de monnaies : offrandes rituelles.
On prétend même que le sol
est noir aux approches de ce crêt à cause de tous les sacrifices qui s'y sont
déroulés.
Site mégalithique, le crêt
révèle la trace d'habitations humaines avec la découverte d'un ouvrage de
maçonnerie formant comme une enceinte. Selon F Gabut, auteur de
"Archéologie primitive dans les Monts du Lyonnais", c'est le type le
plus grand et le plus singulier de tous les balaats... Un vaste collier, en
forme de chapelet, entoure à assez grande distance, le tumulus du culmen, très
beau, très sauvage et très bien conservé.
On a également retrouvé à
cet endroit des bassins assez spéciaux dans lesquels on cuisait la résine pour
faire la poix.
Du crêt, on a une vue
magnifique sur le Beaujolais, les Monts de Tarare, la plaine du Forez, le Pilat
et la chaîne des Alpes.
Le Crêt des Etoiles (850 m)
Ce crêt offre une vue
splendide sur Duerne et ses environs.
Le Crêt des Courtines (904 m)
Au Crêt des Courtines, qui
possède aussi un site mégalithique, se trouvent les sources qui alimentèrent
Duerne en eau potable avant que la commune ne soit desservie par les eaux du
Rhône.
Au bas des Courtines, on
peut encore apercevoir les vestiges de l'aqueduc romain de la Brévenne qui
captait les sources de l'Orjolle, petit ruisseau qui arrose Duerne et qui tire
son nom de quelques légendaires pépites d'or trouvées dans son cours.
Ce site a également été le
théâtre de nombreux parachutages pour les résistants de la région pendant les
années sombres de la guerre.
NB : Il existe également le Crêt Saint Jean qui
culmine à 840 m.
La Croix de La Forêt
Cette croix, érigée entre
1744 et 1747, possède un bénitier qui servait à bénir les pestiférés qui
n'avaient pas le droit d'entrer à l'église.
NB : Il existe de nombreuses croix, à la croisée
des divers chemins de la commune, chacune abritant
son histoire.