Avant la Révolution, le village de Coise se nommait Saint Etienne de Coise.

NB :    Coise s'écrivait le plus souvent avec un "z. 

Pendant la Révolution, les saints sont bannis du vocabulaire : La commune prend alors le nom de Coise.

Puis la tempête révolutionnaire s'estompe et la commune redevient Saint Etienne de Coise pour quelques années avant de s'appeler définitivement Coise. 

Cette commune, était, avant la Révolution, partie en Forez, partie en Lyonnais. Elle dépendait de trois justices : Celle des comtes de Saint Symphorien, celle du Château de La Fay, celle de Châtelus. Les appels des unes se relevaient à la sénéchaussée de Montbrison et des autres, à celle de Lyon.

Elle était de l'archiprêtré de Courzieu, l'archevêque nommait à la cure ; Monsieur le comte de Lescoët était seigneur du clocher.

 Saint Etienne de Coise a longtemps appartenu à une des branches de la famille de Riverie. Cette terre n'entra dans le domaine du chapitre de Lyon qu'en vertu d'un acte d'échange le 10 novembre 1626.

A l'origine, le bourg était basé au lieu-dit "Ancien Coise". Cette situation date sans doute de temps fort reculés, car des textes de 904 mentionnent à cet endroit l'existence d'une église paroissiale à laquelle serait accolé le cimetière.

Le petit village de Saint Etienne de Coise était bâti, au levant de Saint Symphorien sur Coise, au fond d'un vallon et sur un petit monticule dont la Coise baignait le pied. Les maisons étaient disposées d'une manière assez régulière, ce qui rendait l'intérieur du village plus agréable et moins confus.

Ce village qui tirait son nom de la rivière qui le baignait, se composait de plusieurs hameaux et comprenaient, dès l'année 1430, des ateliers de corroierie.

Vers 1850, la mairie et l'école sont, semble-t-il, déjà implantées sur l'emplacement actuel du bourg.

C'était alors le plus gros hameau de la commune appelé vraisemblablement "Creux du Loup".  

C'est à cette époque que se pose le problème de la réfection de l'église paroissiale qui menace de tomber en ruines. Finalement, l'église sera déplacée et reconstruite pierre à pierre en son lieu actuel.

Il ne reste aujourd'hui de l'ancien village qu'un hameau ("L'Ancien Coise") ainsi qu'une très ancienne croix qui indiquerait l'emplacement de l'ancienne église...

 

La Chapelle de la Salette ou Chapelle de la Peur

Au coeur des Monts du Lyonnais, dans la partie sud-ouest, Chantegrillet, coin de terre grillé et sec, porte cette chapelle dédiée à Notre Dame de la Salette.  

C'est sur le haut de ce mont de 650 m d'altitude, qui offre un point de vue très intéressant, qu'a été édifié, après la guerre de 1870, un sanctuaire en l'honneur de Notre Dame.

Certains pensent que la raison d'être de cette chapelle remonte à la guerre de 1870 au cours de laquelle beaucoup de Français furent tués.  

Une grande peur au sujet de leur fils s'était emparée d'une famille de Coise qui fit le voeu, si leur fils leur était gardé, d'élever un monument de reconnaissance à Notre-Dame de La Salette.

Le motif premier de cette construction ayant été la peur, on se mit à appeler cette chapelle "La Chapelle de la Peur".

D'un autre côté, certains affirment que l'idée de construire cette édifice n'est pas due à un simple particulier, comme on le dit, mais au curé de l'époque.  

En effet, comme il est souligné ci-dessous, la dite chapelle a été l'oeuvre, non pas d'un seul, mais de tous les paroissiens.

C'est sans doute pour cela que dans la pierre placée au faîte du sanctuaire, il est inscrit "Hoc oratorium aedificaverunt" : "Ils ont élevé cet oratoire" (les paroissiens).

La construction de la chapelle aurait donc été inspirée, non pas par la peur, mais par la reconnaissance envers Marie qui aurait protégé la région de l'invasion allemande (comme Fourvière). 

D'après le compte-rendu de la délibération du conseil paroissial, il ressort que c'est le maire de Coise, Mr Pierre Guyot, qui traite avec Jean-Baptiste Gardon de l'emplacement et du chemin du petit oratoire et c'est lui qui en paye les plus fortes dépenses.

Mais comme l'indique le registre des délibérations de la fabrique, Mr Pierre Guyot n'a pas travaillé seul à la construction de la chapelle. Plusieurs autres habitants y ont concouru par des charrois faits gratuitement ou en fournissant des matériaux... 

Monsieur le curé a convoqué à plusieurs reprises des ouvriers de bonne volonté et chaque maison de la paroisse s'est fait un plaisir d'envoyer un homme à chaque convocation et tout le terrassement autour de la chapelle a été fait par corvées. Monsieur le curé a également reçu des dons spontanés.

En octobre 1904, on répare la rosace et un vitrail de gauche qui a été endommagé.  

En 1920, on refait le clocheton, la toiture et les murs de soutènement.

En 1931, un seul des quatre vitraux reste entier, la rosace est détériorée. Le tout est donc remis en état ainsi que l'intérieur de la chapelle souillé par des inscriptions. 

Ces dernières années, les trois croix de bois à l'extérieur côté ouest, puis l'extérieur, les vitraux, le rétable, les statues de la Vierge, de Saint Joseph et des Apôtres ainsi que les murs intérieurs ont été refaits.

De nombreux pèlerinages à la Chapelle se succédèrent.

On vint de partout et surtout des environs pour demander à Notre Dame de guérir celles et ceux (surtout les enfants) qui étaient affligés de quelque frayeur grave et persistante (peur de marcher...). 

La paroisse se rendait également à la Chapelle, en pèlerinage, le premier jour des Rogations, le lendemain de la communion solennelle, les premier et dernier jours de mai, le 19 septembre (jour anniversaire de l'apparition de Notre Dame à La Salette) et le premier dimanche de septembre.

 

L'édifice

L'édifice est de style gothique de par son clocher, ses ouvertures à arcs brisés et une voûte sur croisée d'ogives à l'intérieur. Mais ses lignes générales sont romanes.  

Rénovée dans le respect du style, la chapelle abrite diverses statues en bois et un rétable plus récent blanc.

Avant même d'entrer dans le sanctuaire, grâce à la statue de la Vierge en pleurs qui surmonte le linteau de la porte, on devine que Notre Dame de La Salette est maîtresse de ces lieux. C'est Elle que l'on aperçoit, le seuil franchi, debout, les yeux fixés sur Maximin et Mélanie qui sont à ses côtés en contrebas.

Le groupe se détache nettement sur un rétable, en pierre, aux lignes harmonieuses. 

Au-dessous, se trouve l'autel avec un groupe de sept personnes ensevelissant le Christ.

Au mur du fond, deux statues : Celles de l'Immaculée Conception et de Saint Joseph. 

Du côté de l'épître, on remarque Saint Claude avec sa crosse, Saint Jean avec un calice en main d'où sort la tête d'un serpent, allusion à un fait que rapporte une légende, et Saint Michel terrassant le dragon.

Du côté de l'Evangile, on reconnait Saint Pierre avec ses clefs, Saint Simon avec une longue scie, instrument de son martyre et un ange sans attribut particulier.

Quatre vitraux et une rosace éclairent la nef longue de 9 m 50 et large de 5 m 45.  

A côté du choeur, se trouvent une petite sacristie.

  

L'église

 

L'ancienne église

 

L'église de Coise, sous le vocable de Saint Etienne, était composée d'une seule nef voûtée aux arceaux épais et de quatre chapelles latérales en forme de double croix.

Le tout était d'un style gothique ogival.

On prétend que cette église était en fait la chapelle qui dépendait de la Grange Rambert, château important autour duquel se groupa le village pour y trouver protection. 

Le caveau de l'église contenait plusieurs pierres tumulaires qui portaient les armes des seigneurs qui y étaient enterrés. On y remarquait, entre autre, celles d'un Conseiller de Lyon, nommé Paris, de son épouse et de sa fille.

Au clocher, une vieille peinture à fresque était assez bien conservée.  

Le maître-autel était posé sur deux colonnes torses d'un travail merveilleux.

Celui de la chapelle Sainte Catherine avait deux ouvrages de sculpture sur pierre qui étaient dignes de remarques : Il s'agissait de ceps de vignes entrelacés.  

Dans une des ouvertures latérales, un vitrail très ancien et très beau représentait des armes.

L'église de cette paroisse était mentionnée, ainsi que celles de Saint Symphorien et de Saint Martin de Pomeys, dans un acte intervenu en 984, entre l'archevêque et son Chapître.

On assure que l'archevêque Hugues, légat du Pape fit donation de ces églises à son Chapître, en 1173 environ.  

C'est dans cette chapelle que reposa, pendant une nuit, le corps du Cardinal Girard, lors de sa translation d'Avignon à Saint Symphorien sur Coise.

La nouvelle église

 

Vers 1850, alors que la mairie et l'école sont déjà implantées au lieu actuel du bourg, se pose le problème de la réfection de l'église paroissiale qui menace ruines.  

Le conseil municipal décide de transporter l'église en son lieu actuel où elle sera reconstruite pierre à pierre car il estime que la situation de l'ancienne église est trop excentrée par rapport à l'ensemble de la commune et aux différentes voies de communications et qu'il serait fort coûteux, même aléatoire, de restaurer l'ancien bâtiment du culte particulièrement délabré.

Les habitants de l'ancien village s'oppose farouchement au départ de leur église mais la décision finira par s'imposer et la translation sera faite en 1851.  

Les rénovations extérieures et intérieures les plus récentes de l'église ont débuté en 1987 et exigèrent 9 mois de fermeture complète de l'édifice.