Avant la Révolution, le
village de Coise se nommait Saint Etienne de Coise.
NB : Coise s'écrivait le plus souvent avec un
"z.
Pendant la Révolution, les
saints sont bannis du vocabulaire : La commune prend alors le nom de Coise.
Puis la tempête
révolutionnaire s'estompe et la commune redevient Saint Etienne de Coise pour
quelques années avant de s'appeler définitivement Coise.
Cette commune, était,
avant la Révolution, partie en Forez, partie en Lyonnais.
Elle était de
l'archiprêtré de Courzieu, l'archevêque nommait à la cure ; Monsieur le comte
de Lescoët était seigneur du clocher.
A l'origine, le bourg
était basé au lieu-dit "Ancien Coise".
Le petit village de Saint
Etienne de Coise était bâti, au levant de Saint Symphorien sur Coise, au fond
d'un vallon et sur un petit monticule dont la Coise baignait le pied.
Ce village qui tirait son
nom de la rivière qui le baignait, se composait de plusieurs hameaux et
comprenaient, dès l'année 1430, des ateliers de corroierie.
Vers 1850, la mairie et
l'école sont, semble-t-il, déjà implantées sur l'emplacement actuel du bourg.
C'était alors le plus gros
hameau de la commune appelé vraisemblablement "Creux du Loup".
C'est à cette époque que
se pose le problème de la réfection de l'église paroissiale qui menace de
tomber en ruines. Finalement, l'église sera déplacée et reconstruite pierre à
pierre en son lieu actuel.
Il ne reste aujourd'hui de
l'ancien village qu'un hameau ("L'Ancien Coise") ainsi qu'une très
ancienne croix qui indiquerait l'emplacement de l'ancienne église...
La Chapelle de la Salette ou Chapelle de
la Peur
Au coeur des Monts du
Lyonnais, dans la partie sud-ouest, Chantegrillet, coin de terre grillé et sec,
porte cette chapelle dédiée à Notre Dame de la Salette.
C'est sur le haut de ce
mont de 650 m d'altitude, qui offre un point de vue très intéressant, qu'a été
édifié, après la guerre de 1870, un sanctuaire en l'honneur de Notre Dame.
Certains pensent que la
raison d'être de cette chapelle remonte à la guerre de 1870 au cours de
laquelle beaucoup de Français furent tués.
Une grande peur au sujet
de leur fils s'était emparée d'une famille de Coise qui fit le voeu, si leur
fils leur était gardé, d'élever un monument de reconnaissance à Notre-Dame de
La Salette.
Le motif premier de cette
construction ayant été la peur, on se mit à appeler cette chapelle "La
Chapelle de la Peur".
D'un autre côté, certains
affirment que l'idée de construire cette édifice n'est pas due à un simple
particulier, comme on le dit, mais au curé de l'époque.
En effet, comme il est
souligné ci-dessous, la dite chapelle a été l'oeuvre, non pas d'un seul, mais
de tous les paroissiens.
C'est sans doute pour cela
que dans la pierre placée au faîte du sanctuaire, il est inscrit "Hoc
oratorium aedificaverunt" : "Ils ont élevé cet oratoire" (les
paroissiens).
La construction de la
chapelle aurait donc été inspirée, non pas par la peur, mais par la
reconnaissance envers Marie qui aurait protégé la région de l'invasion
allemande (comme Fourvière).
D'après le compte-rendu de
la délibération du conseil paroissial, il ressort que c'est le maire de Coise,
Mr Pierre Guyot, qui traite avec Jean-Baptiste Gardon de l'emplacement et du
chemin du petit oratoire et c'est lui qui en paye les plus fortes dépenses.
Mais comme l'indique le
registre des délibérations de la fabrique, Mr Pierre Guyot n'a pas travaillé
seul à la construction de la chapelle. Plusieurs autres habitants y ont
concouru par des charrois faits gratuitement ou en fournissant des matériaux...
Monsieur le curé a
convoqué à plusieurs reprises des ouvriers de bonne volonté et chaque maison de
la paroisse s'est fait un plaisir d'envoyer un homme à chaque convocation et
tout le terrassement autour de la chapelle a été fait par corvées. Monsieur le
curé a également reçu des dons spontanés.
En octobre 1904, on répare
la rosace et un vitrail de gauche qui a été endommagé.
En 1920, on refait le
clocheton, la toiture et les murs de soutènement.
En 1931, un seul des
quatre vitraux reste entier, la rosace est détériorée. Le tout est donc remis
en état ainsi que l'intérieur de la chapelle souillé par des inscriptions.
Ces dernières années, les
trois croix de bois à l'extérieur côté ouest, puis l'extérieur, les vitraux, le
rétable, les statues de la Vierge, de Saint Joseph et des Apôtres ainsi que les
murs intérieurs ont été refaits.
De nombreux pèlerinages à la
Chapelle se succédèrent.
On vint de partout et
surtout des environs pour demander à Notre Dame de guérir celles et ceux
(surtout les enfants) qui étaient affligés de quelque frayeur grave et
persistante (peur de marcher...).
La paroisse se rendait également
à la Chapelle, en pèlerinage, le premier jour des Rogations, le lendemain de la
communion solennelle, les premier et dernier jours de mai, le 19 septembre
(jour anniversaire de l'apparition de Notre Dame à La Salette) et le premier
dimanche de septembre.
L'édifice
L'édifice est de style
gothique de par son clocher, ses ouvertures à arcs brisés et une voûte sur
croisée d'ogives à l'intérieur. Mais ses lignes générales sont romanes.
Rénovée dans le respect du
style, la chapelle abrite diverses statues en bois et un rétable plus récent
blanc.
Avant même d'entrer dans
le sanctuaire, grâce à la statue de la Vierge en pleurs qui surmonte le linteau
de la porte, on devine que Notre Dame de La Salette est maîtresse de ces lieux.
C'est Elle que l'on aperçoit, le seuil franchi, debout, les yeux fixés sur
Maximin et Mélanie qui sont à ses côtés en contrebas.
Le groupe se détache
nettement sur un rétable, en pierre, aux lignes harmonieuses.
Au-dessous, se trouve
l'autel avec un groupe de sept personnes ensevelissant le Christ.
Au mur du fond, deux
statues : Celles de l'Immaculée Conception et de Saint Joseph.
Du côté de l'épître, on
remarque Saint Claude avec sa crosse, Saint Jean avec un calice en main d'où
sort la tête d'un serpent, allusion à un fait que rapporte une légende, et
Saint Michel terrassant le dragon.
Du côté de l'Evangile, on
reconnait Saint Pierre avec ses clefs, Saint Simon avec une longue scie,
instrument de son martyre et un ange sans attribut particulier.
Quatre vitraux et une
rosace éclairent la nef longue de 9 m 50 et large de 5 m 45.
A côté du choeur, se
trouvent une petite sacristie.
L'église
L'ancienne église
L'église de Coise, sous le
vocable de Saint Etienne, était composée d'une seule nef voûtée aux arceaux
épais et de quatre chapelles latérales en forme de double croix.
Le tout était d'un style
gothique ogival.
On prétend que cette
église était en fait la chapelle qui dépendait de la Grange Rambert, château
important autour duquel se groupa le village pour y trouver protection.
Le caveau de l'église
contenait plusieurs pierres tumulaires qui portaient les armes des seigneurs
qui y étaient enterrés. On y remarquait, entre autre, celles d'un Conseiller de
Lyon, nommé Paris, de son épouse et de sa fille.
Au clocher, une vieille
peinture à fresque était assez bien conservée.
Le maître-autel était posé
sur deux colonnes torses d'un travail merveilleux.
Celui de la chapelle
Sainte Catherine avait deux ouvrages de sculpture sur pierre qui étaient dignes
de remarques : Il s'agissait de ceps de vignes entrelacés.
Dans une des ouvertures
latérales, un vitrail très ancien et très beau représentait des armes.
L'église de cette paroisse
était mentionnée, ainsi que celles de Saint Symphorien et de Saint Martin de
Pomeys, dans un acte intervenu en 984, entre l'archevêque et son Chapître.
On assure que l'archevêque
Hugues, légat du Pape fit donation de ces églises à son Chapître, en 1173
environ.
C'est dans cette chapelle
que reposa, pendant une nuit, le corps du Cardinal Girard, lors de sa
translation d'Avignon à Saint Symphorien sur Coise.
La nouvelle église
Vers 1850, alors que la
mairie et l'école sont déjà implantées au lieu actuel du bourg, se pose le
problème de la réfection de l'église paroissiale qui menace ruines.
Le conseil municipal
décide de transporter l'église en son lieu actuel où elle sera reconstruite
pierre à pierre car il estime que la situation de l'ancienne église est trop
excentrée par rapport à l'ensemble de la commune et aux différentes voies de
communications et qu'il serait fort coûteux, même aléatoire, de restaurer
l'ancien bâtiment du culte particulièrement délabré.
Les habitants de l'ancien
village s'oppose farouchement au départ de leur église mais la décision finira
par s'imposer et la translation sera faite en 1851.
Les rénovations
extérieures et intérieures les plus récentes de l'église ont débuté en 1987 et
exigèrent 9 mois de fermeture complète de l'édifice.