Histoire du Village 

Le nom d'Aveize vient du mot "aviser" (regarder, qui se dit en patois "avisa"). En effet, le bourg d'Aveize, placé sur une hauteur, permet de dominer les alentours.

La commune a aussi la particularité d'être située sur la ligne de partage des eaux : Au nord, l'Orgeolle qui se jette dans la Méditerranée, et au sud, l'Orzon qui se jette dans l'Atlantique. Le nom de ces rivières provient du fait qu'elles charriaient des pépites d'or.

D'un point de vue historique, on sait que les hommes préhistoriques avaient un lieu de culte au sommet du Châtelard et que la construction la plus ancienne d'Aveize est l'aqueduc romain qui partait de l'Orgeolle pour alimenter en eau la ville de Lyon. 

Un acte administratif remontant à l'an 973, sans doute le plus ancien, fait état d'une donation en faveur de l'Abbé de Savigny, faite par Robert et Adeldis, de tout ce qu'ils possédaient au lieu-dit de Grézieu dans la paroisse d'Aveize (Grézieu le Marché était à l'époque une dépendance d'Aveize). Cet acte reflète l'influence d'Aveize dans la région dès le Xème siècle.

Vers l'an 1 000, un nommé Jarenton donne toutes ses terres à l'Abbaye de Savigny. 

En 1239, Bernard de Lavière est Seigneur d'Aveize.

En mai 1273, dans le hameau de l'Argentière, Aymon de Coise fait construire un prieuré du Chapitre de Notre-Dame de Coise qui reçoit des religieuses bénédictines : les chanoinesses comtesses.

Ce prieuré est dirigé par une chanoinesse qui avait le titre de Dame Prieuré de l'Argentière et Dame du Clocher d'Aveize. Elle avait une grande partie de la paroisse sous son autorité. L'Eglise de Lyon possédait le reste de la paroisse.

Il y eut des procès entre l'Eglise de Lyon et la chanoinesse au sujet de droits de coupe de bois ou de limites pour la cueillette des airelles !!! 

Au cours de son règne, Louis XV accorda une concession à Aveize : il autorisa les chanoinesses à porter, en écharpe et sur l'habit noir seulement, un cordon vert, moiré, large de 9 cm, auquel était attachée une croix d'or émaillée.

En 1804, le cardinal Fesh, oncle de Napoléon 1er rachète le bâtiment pour en faire un séminaire qui accueillera jusqu'à 700 novices. 

Un siècle plus tard, le bâtiment servira d'hôpital pour soigner les blessés de la Grande Guerre, puis d'asile, d'hôpital militaire et de sanatorium.

Actuellement, c'est un centre médical.

 

Le Centre Médical de l'Argentière

 

Situé au nord-ouest d'Aveize, au pied de la montagne "Le Châtelard", le site de l'Argentière tire son nom de ses mines de plomb argentifère qui furent exploitées jusqu'au début du XXème siècle. 

En 1273, le Seigneur Aymon de Coise, sous la direction de l'Abbé de Savigny, fonde, à l'Argentière, un couvent pour ses trois filles et 22 autres nobles demoiselles qui désiraient embrasser la vie religieuse.

A l'époque, la tradition populaire, railleuse, disait que les trois filles du Seigneur ne souhaitaient pas devenir religieuses mais, qu'étant donnée leur laideur, elles ne trouvaient pas de mari et que leur père dut les vouer à Dieu.  

Les jeunes filles, appelées chanoinesses comtesses, devaient prouver leur noblesse jusqu'au 7ème aïeul paternel et bisaïeul maternel.

Elles furent installées par Hugues, doyen de Montbrison, et placées sous la juridiction de l'archevêque de Lyon.

Elles adoptèrent la règle de Saint Benoit : vie simple et travail manuel.

En 1870, après la disparition de l'Abbaye de Savigny, la Dame Prieuré de l'Argentière, Marie Madeleine de Gayardon de Fenoyl, prit le titre d'Abbesse.

L'institution allait disparaître lorsqu'en 1777, elle fit construire de nouveaux bâtiments redonnant vie au prieuré.

La première pierre fut posée par Malvin de Montazet, archevêque de Lyon et primat de France.  

Pendant la Révolution, tout ce qui appartenait aux chanoinesses de l'Argentière fut mis en vente permettant l'enrichissement d'Aveize.

En 1804, le cardinal Fesh rachète le bâtiment pour en faire un séminaire...

A partir de 1905, le bâtiment sera, successivement, un lieu d'hospitalité pour les réfugiés du nord, un asile pour infirmes et vieillards, un hôpital militaire et un sanatorium...

A la fin du XIXème siècle, une partie des anciens bâtiments s'écroulent.

Le clocher était la partie la plus intéressante du prieuré. Supporté par une arcade remarquable, il était de style ogival du XIVème siècle.

Pendant la Révolution, on chercha à le détruire en accrochant des chaînes à sa façade et en tirant celles-ci avec douze paires de boeufs. Mais il ne bougea pas ; pas une pierre, ni une tuile ne tombèrent...

Il resta encore debout un siècle et s'écroula en 1893, faute d'entretien.

Actuellement, le Centre Médical de l'Argentière est un établissement privé à but non lucratif participant au service public hospitalier. Il appartient au Syndicat Intercommunal des Monts du Lyonnais et est géré par une association de gestion loi 1901.  

C'est un centre hospitalier de suite et de réadaptation, spécialisé dans le traitement et la rééducation fonctionnelle des atteintes neurologiques et motrices ainsi que dans la rééducation fonctionnelle en orthopédie, traumatologie, rhumatologie, brulologie et en médecine (convalescence).

Les patients peuvent bénéficier d'une prise en charge multidisciplinaire, par des médecins spécialistes, des masseurs kinésithérapeutes, des ergothérapeutes, des assistants sociaux, des diététiciennes, des animateurs...

Environ 400 personnes travaillent au service des patients.  

Dans le but d'un retour au domicile, des appartements transitionnels, situés au village d'Aveize, sont à la disposition des personnes handicapées moteur qui souhaitent expérimenter la vie autonome.

 

Le Trêve

 

Au lieu-dit Le Trêve (du latin "trivium"), au sud du bourg, se trouve le carrefour de trois voies romaines.

 

L'église

 

Dédiée à Saint Pierre, l'église du bourg d'Aveize date du XIXème siècle. Le clocher, plus ancien, a sans doute appartenu à un ensemble seigneurial au Moyen-Age.

NB :    A proximité du cimetière actuel, on remarque une croix du XVème siècle.

 

L'aqueduc romain de la Brévenne

 

La longueur de l'aqueduc, sur la commune d'Aveize, est, au minimum, de 500 m.  

Un seul site a été repéré mais il n'est pas visible.

Pour Aveize qui est à la tête de l'aqueduc de la Brévenne, il faut distinguer deux aspects de l'ouvrage : les prises d'eau et le canal.  

Les prises d'eau se situaient sur la rive gauche du ruisseau d'Orjolle, avec certitude dans le vallon de Jacquemont, probablement aussi au Haut d'Orjolle et à la Courtine du Bas.

Le canal a été vu par Gabut sur la rive gauche de l'Orjolle, dans le ravin de Monoison. Il était voûté en plein cintre, large de 0,59 m et haut de 1,20 m sous clé.  

Ses indications autorisent à substituer sans hésitation à ce toponyme tombé dans l'oubli celui de Jacquemont, et à situer l'endroit à quelques deux cent mètres des vestiges récemment mis à jour au Haut d'Orjolle.

Là, en effet, en septembre 1991, lors de travaux pour de nouveaux captages, le canal a été trouvé intact sur une dizaine de mètres, installé dans une large tranchée, des pierres sèches formant un drain de chaque côté.

Il avait déjà la structure et les dimensions (largeur : 0,60 m) qu'il présente en aval.  

De ce point, le canal se dirige vers une ferme, d'où, 150 m au delà, il atteint Duerne.